Née en 1971, Estelle VERNER grandit à Perpignan où elle suit des études de Lettres Modernes à l’Université. Elle réside quelques années à l’étranger (Londres, Tokyo), où elle développe diverses techniques picturales (dessin, pastel, acrylique, huile). De retour en France à Paris, ses oeuvres sont présentées en collaboration avec diverses galeries ou en Salons d’Art.
Couleurs-coulures, pigments qui se chevauchent ou se fondent, chez elle le travail sur la matière est omniprésent, jouant sur les textures, des papiers marouflés aux enduits. La matière contrastée de ses toiles, des reliefs aux sillons – comme autant de scarifications -, nous offre l’ailleurs des cartes de géographie. Quant au réseau de craquelures, il rappelle l’influence du Raku, la céramique japonaise.
Au fil des années, elle poursuit avec le même souci ses innovations techniques, le travail sur la matière et sur la texture comme tremplin pour aborder des idées complexes, voire contradictoires. Ses explorations et les réponses qu’elle nous propose oscillent entre une lecture de la toile au sens propre et au sens figuré : d’un côté, l’univers naturel où tout est assujetti aux lois physiques ; de l’autre, le monde spirituel et le mouvement perpétuel des états d’âme et d’esprit.
De temps à autre, des citations, des pensées s’étalent sur la toile, s’incrustent dans la matière picturale. Clairement visibles, mais volontairement illisibles, elles expriment cette contradiction, la nature de ce paradoxe entre vérité et apparence. Les surfaces de ces toiles, tantôt rugueuses, lisses, écorchées, ou nuancées demandent à être touchées, elles réclament l’intervention du spectateur, l’invitant à personnaliser du regard l’œuvre à son gré. Et c’est ainsi que, subitement, l’équilibre apparent bascule, se perd un bref instant ou plus, avant de se rétablir à l’œil de celui qui sait s’y perdre.